Compte rendu : Lancement du documentaire «PsyCause : État de la psychothérapie au Québec»

Compte rendu : Lancement du documentaire «PsyCause : État de la psychothérapie au Québec»

Le 15 septembre dernier, l’Association des psychothérapeutes du Québec a rassemblé plus de 180 personnes pour visionner le documentaire PsyCause – L’état de la psychothérapie au Québec lors de son lancement, à la Grande Bibliothèque de la BAnQ.

L’œuvre indépendante du producteur Jean-Pierre Roy, également réalisateur du reportage-choc Thérapies dangereuses diffusé à l’émission Enjeux, en 2003, dresse maintenant un portrait de la psychothérapie au Québec à la suite de l’adoption du PL21, modifiant le Code des professions et le Règlement sur la psychothérapie. Le documentaire présente les écueils de la mise en application de la règlementation et fait état de l’abus de pouvoir et du conflit d’intérêts de l’Ordre des psychologues du Québec (OPQ). Différents témoignages et commentaires d’experts en psychothérapie issus de toutes les professions et divers milieux (pratique privée, communautaire, réseau de la santé), mettent en évidence le parti pris et l’inflexibilité de l’OPQ dans l’exercice de son mandat. Le film relate également des cas d’acharnement et rend compte d’une attitude déshumanisante dépassant souvent l’entendement, envers les demandeurs de permis, sans égard aux délais, conséquences et préjudices pour ces derniers. Finalement, la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, y reconnaît que des améliorations pourraient être apportées à la loi et au règlement, et qu’il y a une question d’interprétation dans la loi. Présentement, aucune instance n’a de pouvoir réel de surveillance et les demandeurs n’ont aucun recours.

L’animateur de la soirée, Jacques Piperni a ouvert la discussion en invitant les panélistes à commenter le documentaire, sans l’avoir préalablement visionné :

  • Jorge Vasco, psychologue clinicien et psychothérapeute gestaltiste, directeur et cofondateur de l’Institut québécois de gestalt-thérapie et responsable de RADAR.Psy;
  • Janine Gagnon-Corbeil, psychologue et coauteure du livre L’évolution du psychothérapeute et de son modèle d’intervention;
  • Yves Saulnier, psychoéducateur et psychothérapeute en pratique privé et membre de l’Association des psychothérapeutes du Québec;
  • Absence de représentant de l’OPQ qui a décliné l’offre (une absence remarquée et déplorable).

L’animateur de la soirée, Jacques Piperni, a ouvert la discussion en invitant les panélistes à commenter le documentaire. Il s’agissait de :

  • Jorge Vasco, psychologue clinicien et psychothérapeute gestaltiste, directeur et cofondateur de l’Institut québécois de gestalt-thérapie et responsable de RADAR.Psy;
  • Janine Gagnon-Corbeil, psychologue et coauteure du livre L’évolution du psychothérapeute et de son modèle d’intervention;
  • Yves Saulnier, psychoéducateur et psychothérapeute en pratique privée, membre de l’Association des psychothérapeutes du Québec;
  • Absence de représentant de l’OPQ qui a décliné l’offre (une absence remarquée et déplorable).

Par la suite, le public a échangé avec les panélistes et le réalisateur. Tous ont partagé leurs préoccupations quant aux intérêts du public qui ne sont pas respectés. « En bout de ligne, ce sont les clients qui sont le plus pénalisés : ils sont privés des services de psychothérapeutes expérimentés et compétents à qui l’OPQ a refusé le permis pour des questions techniques ». Ceux-ci ont de moins en moins accès à une diversité d’approches et ils ne peuvent pas accéder au thérapeute de leur choix quand ils se voient refuser le remboursement des frais de leur psychothérapeute par certains assureurs.

Il est ressorti de cet échange une réelle inquiétude concernant l’avenir de la psychothérapie au Québec. En effet, il apparaît que la nouvelle législation amène dans son sillage un assèchement de la diversité des pratiques, accélérée par le dogme de l’approche scientifique et l’émergence de la pensée unique, ainsi qu’une homogénéité des profils de professionnels s’écartant des standards internationaux où ces mêmes thérapeutes sont tout à fait reconnus pour la pratique de la psychothérapie. L’inquiétude est si importante que nous voyons apparaître la mise en place d’un Réseau d’action et de défense des approches relationnelles en psychothérapie (RADAR.psy).

Un participant travaillant dans le secteur public a souligné la pression gouvernementale favorisant une facilité de gestion au détriment des conditions essentielles et favorables à la démarche psychothérapeutique et des réels besoins de la population. Ainsi, des méthodes brèves jugées plus efficaces et rentables, transformant le psychothérapeute en simple exécutant, sont prônées tant par le réseau de la santé que par les instances gouvernementales et les compagnies d’assurances.

En somme, les effets collatéraux de la législation actuelle conduisent également à un rétrécissement du panier de services offerts à la population en instaurant une forme de hiérarchisation des professionnels pratiquant la psychothérapie, créant une confusion chez le public déjà vulnérable et qui finalement paie le prix (séances non remboursées par son assureur ou accès limité à quelques séances à peine dans le réseau public), alors que l’esprit même du Rapport Trudeau visait une plus grande accessibilité à la psychothérapie.

Tous s’accordaient sur l’importance d’une règlementation quant au titre de psychothérapeute et à l’encadrement de la pratique, mais la plupart se sont insurgés du manque d’instance pour limiter les pouvoirs de l’OPQ. Qui surveille le surveillant ? Il semble y avoir un manque de mécanisme officiel pour un dialogue ouvert avec l’Office des professions du Québec et l’OPQ, alors que le rôle du Conseil Interdisciplinaire sur la psychothérapie n’est que consultatif et n’a donc aucun réel pouvoir d’opposition, mais seulement de recommandation. Plusieurs sonnent l’alarme à l’égard du conflit d’intérêts dans lequel se trouve l’OPQ qui semble utiliser son mandat gouvernemental à des fins corporatives d’influence du public et de positionnement en tant que premier expert de la psychothérapie. On s’inquiète surtout de son pouvoir d’influencer le développement de la pratique, en contrôlant le seul média de communication touchant tous les praticiens de la psychothérapie, la revue Psychologie Québec, en gérant arbitrairement l’étude des dossiers de demande d’accès au permis, les mécanismes d’accréditation des formations continues, sans compter son influence auprès des programmes universitaires.

À l’unanimité, les participants ont soulevé l’importance de se rallier pour modifier la loi en vigueur. L’Association des psychothérapeutes du Québec (APQ) est l’organisation tout indiquée pour rassembler et représenter tous les psychothérapeutes. Elle a pour mission de favoriser l’accès à la psychothérapie, protéger la diversité des professionnels et soutenir les psychothérapeutes. Joignez votre voix à l’APQ et devenez membre!  Ensemble, nous ferons une démarche concertée avec diverses associations et informerons la ministre de la Justice des améliorations à apporter à la loi et au règlement. Restez à l’affût !

 

À propos de APQ

Regroupement de psychothérapeutes depuis 1991 qui veille à ce que la psychothérapie bénéficie de conditions favorables afin qu’elle soit pratiquée dans toute sa richesse.